– Mémoires de dictatures – 1

PREAMBULE

Portugal, Espagne, Grèce. Divers aspects de l’autoritarisme.

Entre avril 1974 et novembre 1975, les trois dernières dictatures de l’Europe occidentale s’écroulent.

Au Portugal, le régime autoritaire, mis en place par Salazar, est renversé par un coup d’Etat organisé par des officiers de gauche.

Trois mois plus tard, en Grèce, la junte des colonels, au pouvoir depuis sept ans, s’effondre.

En Espagne, la dictature, installée par Franco en 1939 à l’issue d’une guerre civile sanglante, ne survit pas à la mort de celui-ci.

Une fois ces jeunes démocraties établies ou restaurées, chacun de ces trois pays a dû affronter de formidables défis. Pour solder le passé, doit-on faire passer la justice, décréter l’amnistie, accorder le pardon?

Et aujourd’hui, quelle mémoire perpétuer ou quel oubli imposer?!

Pierre Bechot et Jean-Noel Jeanneney : «Contre l’oubli: la trace des dictatures».

Un extrait du documentaire:

«La tragédie espagnole est l’une des pires d’un 20ème siècle des champs de barbarie. Le soulèvement victorieux du Général Franco et des ses troupes contre le gouvernement républicain fait 400’000 morts en trois ans, dans un pays de 26 millions d’habitants.

Hitler et Mussolini apportent leur soutien aux franquistes. Les républicains en grand nombre sont contraints à l’exil.

Dans la Vallée de Los Caidos, les prisonniers vaincus sont forcés de creuser la montagne pour y construire un mausolée afin que Franco soit un jour inhumé et célébré. Ils sont morts par milliers et leurs corps ensevelis sur place.

«Il n’y a pas eu de rupture pour sortir l’Espagne de 35 années de dictature franquiste. Mais un processus du passage progressif vers la démocratie, «La Transition».

On a fait le choix alors de ne punir personne et de jeter un voile sur les crimes du passé.

Ce pacte de silence, qui avait pu paraître pour libérateur, se heurte à ce qu’il voulait effacer. La mémoire!

Alors que les stigmates du régime franquiste restent bien présents dans la ville de Madrid, le mécontentement d’une partie de la société civile, qui se refuse à oublier purement et simplement ses morts, n’a fait que s’amplifier.

«En décembre 2007, le gouvernement socialiste de Zapatero, lui-même petit-fils d’un officier républicain fusillé en 1936, suscite une loi sur la mémoire historique. Celle-ci remet implicitement en cause l’amnistie de 1977 et déclare illégitimes les jugements des tribunaux de la dictature. Elle favorise les exhumations des victimes des exécutions sommaires et impose de retirer les derniers symboles du franquisme encore présents dans les lieux publiques.

«Mais peut-on légiférer sereinement sur la mémoire?! Cette mémoire que l’amnistie a voulu brider.

Ne risque-t-on pas de rouvrir de vieilles plaies?! De diviser le pays en redonnant vie aux deux camps de la guerre civile»

 

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