– Mémoires de dictatures-23-grèce

ENTRETIEN AVEC ROVIROS MANTHOULIS

3ème partie

 

La suite de la guerre évoquée par Robert Montoulis

 

 

Octobre 1944, Churchill s’envole pour Moscou. Objectif, s’accorder avec Staline. La chose est peut-être possible car il faut maintenir la Grèce dans la sphère occidentale. Il griffonne sur un papier: Roumanie, Russie 90%, les autres 10%. Yougoslavie 50/50, Hongrie 50/50, Bulgarie, Russie 75%, les autres 25%. Grèce, Grande-Bretagne, en accord avec les Etats-Unis 90%, Russie 10%, c’est la projection que fait Churchill. Arrivé sur place, Staline prend connaissance de la proposition et paraphe le document. Le lendemain, Eden et Molotov, ministres des Affaires Etrangères britanniques et soviétiques, affinent les pourcentages.

 

On a trouvé à Londres, dans les archives de Churchill, les minutes digne d’une pièce de théâtre shakespearien: Churchill-Staline. Churchill dialogue. Staline dit: «Prenez la Grèce!». Tout est traduit dans le livre de Roviros Manthoulis. C’est le seul texte du dialogue entre grands chefs du monde de cette époque qui existe. Tout le reste n’a jamais été publié. Un historien grec l’a trouvé par hasard, au bout de longues recherches dans les archives de Londres, dans le bureau de Churchill après sa mort. Et il y a là, ce qui manque dans les pages consacrées à cette rencontre de Moscou dans: «Les mémoires de Churchill».

Churchill les avait-il égarés? Il les avait notés les deux, mais on ignore ce qui c’est passé. Ce sont 40 pages telles une extraordinaire pièce de théâtre et c’est énorme. Ce document est un vrai. Roviros Manthoulis a la date et le numéro des archives et cette frange-là est uniquement publiée en Grèce.

 

3 décembre 44, le parti communiste grec tente de s’emparer d’Athènes. Un corps expéditionnaire britannique intervient.

 

«La Grèce, autre pays qui devrait être une terre de soleil et de joie. Monseigneur Damaskinos, nouveau régent, et le général Plastiras, nouveau chef du gouvernement, vont rencontrer Monsieur Anthonny Eden et le général Alexander. Monsieur Winston Churchill a fait le voyage, lui aussi, avec son cigare et son sourire. Un attentat avait été préparé contre ces personnages officiels. Il a été découvert à temps. Les bombes n’ont pas éclaté, mais le feu couve encore.»

 

A partir du moment où les Anglais sont assurés d’avoir la Grèce, il faut détruire le formidable mouvement communiste et pro-communistes. Il y aura deux guerres, d’abord celle de décembre 1944, suivie par des accords et, entre la fin de la guerre et le début de la guerre civile en 1946-1947, la Droite en Grèce va assassiner 100’000 résistants. Les rescapés reprennent les armes et repartent dans la montagne. La guerre civile commence en fin 1946 en Grèce et va durer jusqu’à fin 1949.

 

Extrait du film de Roviros Manthoulis

 

«Depuis la fin de la guerre civile et l’écrasement de la Gauche en fin 1949, une organisation secrète des officiers, veillent sur les élections et vont s’assurer que ne porteront jamais au pouvoir un gouvernement hostile à la monarchie, à l’OTAN et au Pentagone. Des bases nucléaires américaines en Grèce protège les puits de pétrole du Moyen-Orient. Le parti communiste est toujours interdit et les derniers prisonniers politiques ne sont pas encore libérés. Les Grecs se couchent la nuit, sans trop savoir ce que va apporter le jour. En mai le député de la Gauche démocratique, Gregoris Lambrakis est assassiné en Thessalonique.

Le premier ministre Constantin Karamanlis démissionne. En novembre, les élections libres pour la première fois depuis 40 ans, portent au pouvoir, grâce aux voix de gauche, le parti du centre de Georges Papandréou.

Des rumeurs de coup d’Etat circulent de nouveau à Athènes.

Papandréou est confronté à deux problèmes de taille. L’épuration de l’armée de ses éléments fascistes et la crise chypriote qui empoisonne depuis longtemps les relations grecqo-turques. Cette fois, Ankara menace d’envahir Chypre. Le président Johnson qui craint un conflit entre deux alliés de l’OTAN fait pression sur Papandréou pour qu’il accepte les concessions territoriales demandées par la Turquie.

«Notre constitution ne me permet pas de concéder les îles grecques à la Turquie», déclare Papandréou aux Américains. «Fuck the constitution» rétorqua Johnson dans un anglais parfait, «si vous ne changez pas d’avis, c’est nous qui allons vous changer!»

Pour pousser Georges Papandréou à démissionner. Le jeune roi Constantin, les services américains en Grèce et l’armée, s’acharnent contre son fils Andreas, ministre dans son gouvernement et accusé de gauchisme et d’antiaméricanisme. En juillet 1965, le Roi destitue Papandréou.

C’est le début d’une crise qui durera 2 ans jusqu’au coup d’Etat des Colonels. Le 3 avril, le roi nomme un gouvernement de droite qui a pour mission d’organiser les élections pourtant réclamées la rue, pendant un délai de cinq semaines. Ces élections n’auront jamais lieu.»

 

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