– construction européenne 1: changer

Il fallait que ça change

Dans la mythologie grecque, Europe est la fille du roi de Thyr Agénome. Séduit par sa beauté, Zeus se transforme en taureau blanc, l’enlève et la conduit en Crêtes.
Pour les historiens, le terme « Europe » est né au 7e siècle avant J.C. Les grecs surnomment ainsi la vaste zone inconnue au bord de leur pays. Au fil des siècles, les habitants de la partie occidentale du continent asiatique, ont construit une idée nationale dans cette région, située en dehors des pays musulmans et catholiques orthodoxes.

Au fil des siècles, il est toujours difficile de savoir ce en quoi consiste l’Europe. Les frontières sont confuses au Sud comme à l’Est. Ces frontières indistinctes sont les conséquences directes d’un passé tumultueux où les périodes de conflits armés sont plus nombreuses que les périodes de paix.
De 1500 à 1875, l’Europe va connaître 282 années de guerres. Avec des frontières floues et sans bases historiques réelles, il va lui falloir constituer une identité commune aux travers d’éléments communs qui la constituent et jalonnent son passé.

Elle va donc s’appuyer sur une certaine communauté culturelle.
Dès le Moyen-âge, des gens de lettres rédigent, s’expriment en latin, et enseignent indifféremment que ce soit à Bologne, à Salamanque ou à Paris.
Plus tard, au « Siècle des Lumières », les affinités électives ne connaissent pas non plus de frontières. Voltaire est l’ami de Catherine de Russie et de Frédérique de Prusse, Edmund Burke d’Irlande affirmera: «qu’un Européen ne saura être exilé de l’Europe, de quelque partie que ce soit. »

En 1941, l’antifasciste italien Altiero Spinelli écrit depuis sa prison.

Depuis le mouvement de résistance non-communiste pro-européen lancé en 1944, des associations un peu partout se forment pour constituer une « Europe unie ».

En 1944, les non-communistes se réunissent en Suisse pour dépasser le dogme de la souveraineté des Etats: La déclaration des résistances européennes

En 1945, moins de 30 ans après la première guerre mondiale qui devait être la dernière, l’Europe est de nouveau en ruines. Les bombardements intensifs l’ont complètement détruite et les pertes humaines sont immenses. La moitié du territoire est désormais occupée par les Soviétiques.
L’ampleur du désastre prépare des changements profonds et plusieurs sont à penser qu’il faut faire quelque chose si on ne veut pas que l’Europe de l’Ouest soit prise de nouvelles convulsions, si rien n’est entrepris pour infléchir l’organisation traditionnelle.

Dès le début de la « guerre froide », les Etats-Unis mettent un programme à disposition des Européens pour contrer la puissance de l’URSS.

En juin 1947, Georges Marshall présente son plan.
« Il est évident que les Etats-Unis doivent tout faire pour établir la santé économique du monde sans laquelle la paix et la sécurité économique soit assurée. Notre doctrine n’est dirigée contre aucun pays, mais pour le désespoir, la famine et le chaos. Cette aide doit participer à la renaissance d’une économie où la politique sociale et économique soit assurées. Cette aide ne doit pas être accordée chichement chaque fois qu’intervient une crise. Toute aide accordée doit être un remède plutôt qu’un simple palliatif. Tout pays qui participera à cette aide comptera dans les liens avec les Etats-Unis. Tout gouvernement qui intrigue pour recréer une reprise économique ne peut espérer de l’aide des Etats-Unis. De plus, les partis politiques qui oeuvreront contre les intérêts de leur pays se heurteront aux Etats-Unis. »


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