– construction européenne 3: changer

L’Europe devient réalité.

«Le Conseil de l’Europe» s’est construit avec tous ceux qui en avaient assez avec les nations qui n’ont cessé de se faire la guerre au cours des siècles derniers. Mais le résultat se montre assez vite décevant. Jean Monnet, l’unpères fondateurs écrit ceci dans ses mémoires :

« les assemblées internationales du conseil de l’Europe et de l’ONU se donnaient l’apparence d’organes démocratiques exprimant au grand jour la volonté des peuples. On ne voyait pas que leurs votes majoritaires et unanimes étaient annulés dans l’ombre par un conseil de représentants de gouvernements dont un seul suffisait à tous les autres d’empêcher d’agir. »

Pour les Français et les Allemands, où toutes les générations se sont battues depuis l’aube de 1870, comme pour la plupart des autres européens, au-delà des problèmes d’organisations politiques, une question essentielle :

 

« Comment instaurer durablement la paix en Europe? »

La première réponse va être une des plus simple: L’alliance militaire .
Les coups d’Etats successifs, organisés par les partis communistes, dans les pays de l’Est, qui culminent avec l’éviction des démocrates à Prague en 1948, inquiètent fortement les Européens.
Donc il faut une instauration d’un pacte d’assistance mutuelle automatique en cas d’agression en Europe. Le pacte prévoit également la création d’un état major commun dont la direction est confiée à un anglais Montgomery.
L’attitude menaçante de Moscou, qui organise un blocus de Berlin ouest, rend les Européens nerveux. Ceux-ci savent pertinemment qu’en cas de conflit, ils ne sauraient lutter contre la puissante armée soviétique.

 

Les gouvernements cherchent alors à négocier une alliance militaire avec les Américains. Entreprise difficile qui tente à rompre le réflexe isolationniste des Etats-Unis. De nouvelles négociations s’engagent et aboutissent à la signature, en avril 1949, du « traité de l’atlantique Nord », l’OTAN. De la formule de Lord Ismay, premier secrétaire général de cette nouvelle organisation, l’OTAN a trois fonctions:
Garder les Américains dedans, les Soviétiques dehors, et les Allemands dessous.

La réalisation d’un pacte militaire fait d’alliances n’est pourtant pas suffisante. Les deux dernières guerres mondiales ont montré que le jeu des alliances a pour effet d’étendre les conflits. Une approche différente est donc nécessaire. Et c’est bien là, l’apport historique de Jean Monnet, qui est alors commissaire général au plan, dans une France en pleine reconstruction.

Jean Monnet soumet un jour à Robert Schuman, alors ministre des affaires étrangères, un projet pas comme les autres.
Celui d’une communauté du charbon et de l’acier. Il s’agit de mettre en commun les bases indispensables pour la production des armements et le développement économique. La guerre entre la France et l’Allemagne, selon l’initiateur du projet, doit non seulement être impensable, mais surtout rendue matériellement impossible. La mise en commun du charbon et de l’acier doit jeter les base d’une plus vaste union à venir.

L’accueil est enthousiaste en Allemagne. La réaction du chancelier Adenauerà elle seule traduit ce sentiment. « Je considère la proposition française comme la tâche la plus importante qui m’attend. Si je parviens à la mener à bien, j’estime que je n’aurai pas perdu ma vie. »

Retour sur une journée pleine d’espoir

Le 18 avril 1951, la première institution européenne est mise en place. On a assisté à un essai d’une mise en place d’accords douaniers facilitant la circulation des biens et des personnes, que les créateurs de cette nouvelle Europe appellera « Fritalux ». L’assemblée nationale française s’est-elle sentie particulièrement visée? Toujours est-il que le projet a regagné les cartons. Aussi, la signature de ce projet CECA , est-elle très attendue par les six pays. (Plan Schuman) Traité signé au bout d’une semaine par les six représentants de chaque pays. C’est là, une assise réelle d’une Europe commune et solidaire.

La première institution prend acte avec un enthousiasme communicatif et un esprit de pionnier. Mais l’éclatement de la Guerre de Corée pose un nouveau problème. Au cas où le conflit risque de s’étendre, faut-il ou non réarmer l’Allemagne? Les avis divergent. Le français Paul Reynaud propose qu’on nomme un premier ministre de la défense. Churchill propose la constitution d’une armée européenne comprenant des troupes allemandes, mais le souvenir de la seconde guerre mondiale est trop frais. En France, on est pas prêt à intégrer les uniformes allemands sous la bannière de l’OTAN.

C’est en début d’année 1952 qu’on décide de lever l’interdiction de réarmer l’Allemagne et quatre mois plus tard, 520 000 hommes vont être rattachés à la toute nouvelle CED, (communauté européenne de défense) Un projet imminent ardemment soutenu par le ministre belge, Paul Van Zeeland.

Alors que le traité de la CED est déjà ratifié par de nombreux pays,l’assemblée française le rejette sans examen. Gaullistes et communistes entonnent la « Marseillaise » dans l’hémicycle face à des élus démocrates-chrétiens totalement effondrés. On trouve une solution intermédiaire. Sur pression Américaine, la République Fédérale Allemande, est autorisée, en octobre 1954 à adhérer à l’OTAN. Mais avec la disparition du projet , c’est toute la communauté de défense, CED, qui est un échec.

 

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