– construction européenne 9: marché commun

De l’autre côté de la manche Réponse de l’Angleterre, cette Angleterre giflée par De Gaulle.

Inquiet de la dérive française qui, sous la pression de De Gaulle fait entendre le son de sa voix, la Belgique et les Pays-Bas se sont fait les avocats pressants de l’adhésion du Royaume-Uni au « Marché Commun ». Un moyen, pour les petits pays, de rééquilibrer le poids excessif qu’est en train de prendre Paris dans les négociations. Après 18 mois de discussions, le président français s’oppose à cette candidature et ouvrira bientôt, un nouvel inédit.
Comment en Angleterre la chose est-elle reçue? Un extrait de « In and Out » reportage tourné à Londres en 1963 pour la série « Continent sans visas ».
Comment les Anglais sentent-ils leurs rapports à l’Europe? Lindsey Anderson, futur réalisateur d’un film culte : « If » livre, pour commencer, son sentiment.

– Il y a des influences, je crois, qui sont variables et assez fortes, peut-être non pas dans la littérature. Dans le cinéma et dans le théâtre, je crois que oui, les nouveaux hommes français exactement ont une influence sur les Anglais et je ne crois pas que c’est une influence très profonde mais peut-être une influence libérante.
– 
Mais Si vous deviez faire un pronostic sur une relation plus étroite entre l’Angleterre et l’Europe actuelle sur le plan culturel, quel nombre d’années donneriez-vous à l’Angleterre pour s’aligner sur l’Europe?
– Je n’ai aucune idée de moins point de vue, de ma lignée sur l’Europe. On peut être influencé, je ne sais pas, mais je pense que c’est surtout selon les vraies traditions anglaises que nous pouvons développer, et non pas en faisant le marché commun avec les artistes de l’Europe.

Puis c’est au tour d’un architecte contemporain du « Swinging London »

– En quoi, cette Angleterre malheureuse candidate au « Marché Commun » est-elle malgré tout européenne?
– Elle a ceci de particulier qu’elle appartient à trois mondes, au monde de l’Atlantique, au monde du « Commonwealth » et au monde de l’Europe. Elle fait du commerce avec les trois, au niveau culturel elle appartient à tous les trois, elle ne peut pas se séparer ni des uns, ni des autres. Et dans la mesure où l’Europe se forme, elle est de plus en plus attirée vers l’Europe, mais dans la mesure où l’Europe parle de se former, elle se rattache de plus en plus au « CommonWealth » et au monde de l’Atlantique. Que voulez-vous, c’est fatal!

Dans le « Speaker’s Corner »lieu où les badauds londoniens ont l’habitude de se rassembler pendant les samedis et les dimanches, se trouvent des individus perchés sur des escabeaux, des tables. C’est ainsi que depuis plus de 100 ans, les orateurs improvisés viennent, lorsque le temps le leur permet, de disserter en public de tous les sujets possibles. En public, mais aussi devant les caméras.

– Et si vous deviez faire un pronostic quant au rapprochement de l’Angleterre vers le continent, combien d’années donneriez-vous?
– Moi, je ne suis pas le prophète, mais mettons une génération, 30 ans. Je suis à peu prêt sûr que ça va venir.
– 
Et qu’est-ce qui vous fait dire ça?
– On sera forcé. Il y a le côté politique qui fera un changement là, mais je crois aussi que l’Anglais n’est pas tout-à-fait aussi insulaire que, mettons, en 1910.

Quand à la jeunesse, l’avenir de l’Angleterre, voici un exemple de son point de vue avec ces quatre étudiants de bonnes familles.

– Est-ce que vous tenez à votre système métrique?
– Ça a marché pendant plusieurs siècles, pourquoi en changer? Le système métrique européen n’a que 150 ans, ce n’est rien. Pourquoi faut-il que l’Angleterre change?
– 
Et vous pensez qu’elle changera?
– Si l’Angleterre doit rejoindre l’Europe, bien sûr, il le faut.
– 
Que pensez-vous du général De Gaulle?
– Oooh! Enfin, c’est un grand soldat, mais ce n’est pas un grand homme politique parce qu’il ne parle pas au nom de la France, il parle au nom du Général De Gaulle. Il pense à la France, mais pas à l’Europe et ça, c’est très dangereux. Il est obstiné contre toute l’Europe, on dirait même qu’il a peur de l’Angleterre, que la France a peur qu’il y aura une compétition plus aigüe dans toutes les matières, et que ça fait de lui-même un Charlemagne mal gratté.
– 
Est-ce qu’il est bon que l’Angleterre adhère à l’Europe, qu’elle se soude à l’Europe ou au contraire, qu’elle reste comme elle est maintenant?
– Je voudrais voir se joindre l’Angleterre au « CommonWealth » et aux Etats-Unis.
– 
De Gaulle a radicalement réalisé le rêve de ce jeune collégien futur dirigeant britannique.

– Quelles que soient les divergences qui continuent à se manifester en Angleterre, et après la rupture de Bruxelles, De Gaule fait figure aujourd’hui d’ennemi public numéro un. De Gaulle a souffleté la fierté des Anglais en l’excluant pour l’instant du « Marché Commun »  La même année, De Gaulle entreprend un rapprochement inédit et prend tout le monde de court. Avec le chancelier allemand Adenauer, ils signent « le Traité de l’Elysée »base renforcée entre les deux pays. L’esprit guerrier qui envenimait les deux pays est sérieusement touché. « L’Axe franco-germanique » est désormais en place.

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