– construction européenne 11: consolidation

PREAMBULE

Avec la crise du pétrole qui frappe le monde en 1973, l’Europe, encore balbutiante, montre toute sa faiblesse. C’est en cette occasion que Denis de Rougemont dresse un réquisitoire contre le culte des états- nations.

Giscard d’Estaing arrive au pouvoir en 1974, après le choc pétrolier. C’est le début de la crise économique, le début du chômage, le retour du chômage pour un certain nombre de pays. C’est un peu la fin de ce qu’on appelle  » Les trente glorieuses« , cette période de développement économique et sociale. Au nom de la défense des intérêts nationaux, de la défense de l’intérêt national, de la défense de certaines catégories professionnelles, Schmidt et Giscard, n’ont pas mis le pied sur le frein de l’intégration européenne. Au contraire, ils continuent à croire en l’élargissement de l’Europe.

Sous Giscard, l’Europe va progressivement passer de l’Europe des six, à l’Europe des neuf, puis à l’Europe des douze, L’Espagne, le Portugal et la Crête y en entrant entre 1970 et 1980.

C’est une affirmation de l’Europe sans remise en cause du « Marché Commun« , et ce sera le principal élément qui sera au bénéfice au bilan de Giscard et de Schmidt

Il y a une conscience que l’union européenne est une valeur sûre, malgré les difficultés économiques de l’époque

Néanmoins, en 1974, Denis de Rougemont n’a pas de mots assez durs pour fustiger la politique européenne: « Le monde veut de l’Europe, mais personne ne la fait concrètement, donc il faut ne rien attendre des politiques, de ne plus rien attendre non plus des politiques qui vont venir ultérieurement. Il faudra revenir au niveau des citoyens, au niveau des régions, au niveau des communes, donc ramener ça au plus près du citoyen». Denis Rougemont met en garde les responsables politiques sur un problème qui existe toujours et qui devient plus important que jamais, c’est la distance qu’il y a entre « l’identité européenne »  et la « conscience » que peut en avoir le citoyen.

L’Europe est essentiellement une Europe économique; la culture n’est pas présente et les politiques sociales sont absentes. C’est une Europe des marchands, des industriels, qui est perçue de plus en plus négativement par l’opinion publique. Et il est vrai qu’à partir des années 1970, on va voir monter une sorte de clivage croissant entre l’opinion publique et les décideurs de Bruxelles.

L’Europe apparaît d’une part comme une machine bureaucratique qui prend des décisions économiques, qui fixe les horaires de la chasse, qui fixe le contenu des bouteilles à 70cl et plus 75cl, qui prend un certains nombres de mesures qui sont à la fois des mesures imposant des contraintes dans la vie quotidienne et dans le domaine industriel économique. L’Europe apparaît donc lointaine, purement économique et essentiellement contraignante.

C’est Bruxelles qui décide et les politiques nationaux reportent la faute sur Bruxelles et ses décisions. Haro sur Bruxelles. La crise économique et sociale, se renforçant entre 1970 et 1980, il va y avoir de la désaffection, du désaveu d’une partie de l’opinion publique européenne à l’égard de cette intégration dont elle ne voit pas les conséquences immédiatement favorables pour elle.

Comme Denis de Rougemont le montre, c’est une autre Europe qu’il faut: une Europe culturelle, une Europe sociale, une Europe des citoyens.

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