– la construction européenne : le film 4 et fin

Christoffer Guldbrandsen: Secrets de coulisses de l’Union Européennes (The Road to Europe) suite

Extrait du documentaire:

« Au sommet de Bruxelles, l’élargissement de l’union européenne approche. L’Allemagne et la France ont réussi à trouver un compromis sur les subventions agricoles.

En revenant autour de la table, le consensus s’est évaporé. Erhard Schröder se désiste, Jacques Chirac craint les puissants agriculteurs français. Jacques Chirac reste sur sa position. Erhard Schröder doit se plier à l’accord: on ne touchera pas aux subventions agricoles. Anders Fogh Rasmussen a été mandaté pour négocier avec les pays candidats. Il lui reste 48 jours pour préparer les négociations. »

Ce documentaire a été un très grand succès. Un très grand succès dans les ventes, ayant d’excellentes critiques danoises et internationales, donc un très bon résultat.Malheureusement. il a causé beaucoup de problèmes à certaines personnes impliquées dans ce film.On parle même de scandale! La réaction a été très forte! Il y a eu un débat très intense en Allemagne. Ils se sont montrés très critiques face à certaines déclarations faites par le premier ministre danois des affaires étrangères et ça lui a causé des problèmes ainsi qu’au premier ministre.

Guldbrandsen n’a pas été surpris par ce qu’il a vu pendant le tournage du film. C’était plutôt conforme à ce qu’il attendait. Il a même été étonné des accès qui lui ont été donnés ainsi que des permissions de tournage.

Les gens, qui ont vu le film, ont pu observer un système très démocratique, aussi bien dans ses fondements, dans ses règlements.

Les plus grandes difficultés rencontrées par Guldbrandsen lors de ce tournage a été l’élargissement de l’Europe avec dix nouveaux pays membres, une histoire très difficile à raconter en matière filmographique. Ce n’est pas là un sujet qui se transfère facilement sur un écran de télévision. C’est dans la sélection des sujets que cohabitait le plus grand défi. C’était la procédure d’édition.

Le tournage a aussi été difficile. Surtout dans cet environnement parce que personne ne s’attendait à cela. Tout le monde cherchait en quelque sorte à fermer constamment la porte et ça a duré des mois à frapper à ces portes, à attendre à l’extérieur des salles de réunions, à faire les cent pas en attendant qu’il y ait quelque chose qui se passe, à se battre pour obtenir la prise. Cela a été un travail très rude.

Pour ce qui est de l’élargissement de l’union européenne, Guldbrandsen, qui n’est pas un inconditionnel de l’union européenne, c’est une chose impressionnante de voir ces dix nouveaux membres qui vont venir rejoindre, qui vont intégrer l’UE. Il y voit beaucoup de points positifs et plus de membres il y aura, et mieux ça sera.Mais il pense que c’est une organisation complexe à gérer avec autant de membres et tant d’intérêts différents. Une fois ces différences prises en considération, il pense que c’est une bonne alternative.

Il pense que c’est la meilleure direction pour l’Europe, que plus il y aura de monde qui intégreront l’UE, plus il y aura de chances, de prospérité, de paix, de stabilité dans le monde, Donc dans ce sens, c’est une très bonne chose que le parlement et le conseil réussissent cet élargissement de l’Europe. Mais quand il a fait ce film, il a essayé de ne pas laisser paraître son opinion personnelle.

Extrait de film

« Je vais accueillir monsieur Miller, le premier ministre polonais. De l’un des dix pays avec lesquels nous négocions, le plus grand est la Pologne, avec ses 40 millions d’habitants. »

La Pologne joue un rôle décisif dans les négociations. Si elle dit « oui », plusieurs pays suivront. Elle profite de la situation. Elle veut plus d’argent.

« J’ai eu une réunion très utile avec le premier ministre polonais. Je pense que la proposition qui a été faite à la Pologne a été très généreuse et complète. La présidence a travaillé dur pour trouver une solution et pour faire face, dans la mesure du possible, aux attentes des candidats. Merci beaucoup. »

En aparté: « Il est clair qu’il est venu pour durcir le ton. C’est le sprint final. Mais aujourd’hui et jusqu’au Sommet, il y aura des articles dans la presse disant que les négociations risquent de ne pas aboutir. On verra ça tous les jours, je crois. Il s’agit de garder son sang froid et de comprendre que marquer ses positions fait partie du jeu. Je le fait aussi en tant que président. En réunion ces temps-ci, j’ai tendance à être un peu dur en les menaçant. S’ils n’acceptent pas ce que nous leur offrons, ils risquent d’être abandonnées sur le quai et le train partira sans eux. Nous achèverons ces négociations avec ceux qui peuvent et veulent et on laissera les autres. »

Christoffer Guldbrandsen a sans doute un regret. Celui de ne pas voir la meilleure scène de son tournage figurer dans son montage final. C’est une scène où les protagonistes des négociations, chefs d’état et de gouvernements, discutent d’un immense problème qu’ils ont avec certains poissons de la mer Balte. Leurs discussions, portent sur la taille minimum de ces poissons pour que leur pêche soit autorisée. Pour le réalisateur, cette négociation a atteint là des sommets montypitonesques.

Il ressent en permanence qu’il a manqué quelque chose. Mais il pense que c’est le propre à la réalisation d’un documentaire. Tout le travail est de rassembler le plus de matière possible, et il aurait rêvé de filmer une vraie négociation avec Gérard Schröder et Jacques Chirac, complètement irréaliste car ils n’auraient jamais accepté.

Pour Christoffer Guldbrandsen, l’ambiance semble vraiment bonne entre les différents chefs d’état. Il a l’impression d’être dans un club ou dans une classe d’école. Il y a ces quinze chefs d’état, chefs de gouvernement qui se connaissent tous! Chacun son rôle. Par exemple Schröder tout au bout de la table, l’un des principaux acteur financier. Jacques Chirac, etc…C’est une ambiance très particulière, très spéciale. Tous sont collègues et visiblement et il y règne a une grande amitié entre eux.

Guldbrandsen a été fasciné de participer à ces sous-cultures des différents chefs de gouvernement et de constater cette existence. Cette impression d’être dans un club où ils se rencontrent plusieurs fois par an, qui ont le même travail, même si leur pays n’ont pas la même taille, qui sont confrontés aux mêmes problèmes et ont beaucoup de choses en commun. Par la force des choses ils ont de donc très bons contacts autant professionnels que sociaux.

Guldbrandsen pense avoir été le premier à faire ce genre de documentaire dans l’union européenne, et il est pratiquement certain que ça ne va pas se reproduire. Il ne pense pas qu’un autre état sera prêt à accepter ce niveau de transparence comme l’a fait le gouvernement danois. Et spécialement après le débat qui a été ouvert après la diffusion du documentaire. Il a donc un peu peur que ce soit la dernière fois tout en espérant qu’il se trompe; que des chefs d’état autoriseront des producteurs de films à communiquer, à montrer au reste du monde ce qu’est la Communauté européenne. Il n’a pas tissé un lien particulier privilégié avec Rasmussen. Il ne l’a jamais rencontré avant et ne l’a jamais revu depuis.

Extrait du documentaire:

-Je pense que nous devons faire des concessions. C’est un petit détail de procédure. Je crois que vous devriez céder. L’important, c’est le contenu. Dans le cas de Kaliningrad, c’est essentiel. Poutine doit contrôler la presse russe à l’étranger et si il ne peux pas la contrôler, il n’obtiendra aucune compensation chez lui.

-Nous ne pouvons pas accepter que la presse soit muselée.

-Soyons réaliste, Poutine veut contrôler la presse.

-Au cours de cette dernière année, il a tendance à vouloir d’avantage contrôler la presse. On voit bien à qui il donne la parole. Ce sont les supporters du Kremlin. Il est plus vulnérable ici. Il y a une presse russe à l’étranger qui se développe. Nous ne pouvons pas céder maintenant. C’est un jeu où les Russes essaient de nous amadouer, avant même que la réunion ait commencé.

– Nous avons un accord sur Kaliningrad.

– Il a eu peut-être ce qu’il voulait. Nous avons à payer un prix raisonnable. Nous devons verser de l’argent.

– Oui, pour verser de l’argent, nous sommes vraiment forts.

– Le porte-parole de Poutine recommence à poser des problèmes. Je lui ai dit que vous étiez convenu avec le président que je choisis les questions et qu’il restera à mes côtés.

– Nous n’allons pas en faire un affrontement. Ils veulent être sûrs que leurs journalistes pourront poser des questions.

– Aujourd’hui je suis heureux d’annoncer que nous avons conclu un accord sur le transit entre Kaliningrad et le reste de la fédération russe. Un document de transit spécial sera délivré au citoyen russe qui désire aller à Kaliningrad ou en sortir.

– J’ai une question pour monsieur Poutine. Ne pensez-vous pas qu’en essayant d’éradiquer le terrorisme en Tchétchénie, vous aller éradiquer la population civile tchétchène?

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