– Europe : lobbies et sectes à Bruxelles –2- Danielle Coin

Danielle Coin contre le lobby de la Scientologie

Danielle Coin était à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, et plus précisément à la Commission chargée des conditions juridiques et des « Droits de l’Homme ». Dans le cadre de son activité professionnelle, elle a été amenée à s’occuper non seulement à la Scientologie mais aux sectes en général.

Son travail était destiné à l’usage final de faire adopter, par l’Assemblée Parlementaire, des textes qui n’ont pas de valeur contraignante mais qui s’adressent, soit aux Etats membres de l’organisation, soit au comité des ministres, dans le but de faire élaborer des conventions.

L’Assemblée Parlementaire est actuellement une tribune pour 47 Etats membres du Conseil de l’Europe, où des parlementaires de ces 47 pays se réunissent régulièrement pour débattre des questions qui relèvent de la compétence de l’Europe et où « Les Droits de l’Homme » en est le domaine d’excellence.

Ce n’est pas le Conseil de l’Europe qui éprouvait de l’inquiétude par rapport aux sectes, mais ce sont les sectes elles-mêmes qui ont lancé l’offensive en demandant leur reconnaissance en tant que religion.

C’est la première démarche à laquelle Danielle Coin est confrontée, en 1987.

La première offensive, le premier lobbying.

C’est un texte présenté par des parlementaires, mais visiblement initié par des membres de sectes, qui demande à l’Assemblée Parlementaire de préparer un texte recommandant la reconnaissance de la Scientologie et d’autres sectes comme religions.

En réaction à ce texte, d’autres parlementaires préparent un autre texte demandant de faire une enquête approfondie sur leurs pratiques.

Finalement ces deux textes sont joints et c’est là que D.Coin commence à travailler sur les sectes.

C’est à partir de ce moment-là, qu’elle en découvre l’ampleur. Et à partir de 1987, tous les deux ans, un nouveau texte lui est transmis de la part des sectes.

Un certain milieu parlementaire est-il sous influence? C’est très varié.

Il y a des parlementaires qui sont carrément favorables à la liberté absolue de pensée, de conscience, de religion, d’action, en partant de l’hypothèse que, s’adressant à des adultes, ces derniers sont libres et sont capables de juger par eux-mêmes si ils doivent suivre ou non ce que leur proposent les sectes. C’est la catégorie assez vaste des parlementaires.

Il y a d’autres parlementaires, visiblement proches des sectes et qui sont donc leurs relais, qui défendent vraiment leurs points de vue. Qui, par exemple, ont exigé que l’Arménie et l’Azerbaïdjan reconnaissent les Témoins de Jovéhaen tant que religion et l’ont obtenue.

Ces parlementaires sont essentiellement de provenance scandinave et du Royaume-Uni.

D.Coin a une tentative d’explication à cela.

Ce sont des pays qui pratiquent une religion, qui connaissent ses mâches, c’est-à-dire ce qu’on appelle communément sectes. C’est un courant qui se détachent d’un courant principal, et ces pays-là n’ont aucun problème avec les phénomènes sectaires. Les protestants et les musulmans n’ont pas de problème avec le mot secte. Eux-mêmes connaissent cela. Par contre, ils ne voient pas que dans le cas du protestantisme ou de la religion musulmane, il s’agit de « sectes » qui ont une visée religieuse. Alors que les sectes n’en ont aucune.

C’est donc 1987 que D.Coin commence son enquête en tant qu’émanation d’une institution parlementaire européenne.

Elle charge un rapporteur, c’est-à-dire un parlementaire, de faire le travail.

Tous les parlementaires qui ont été chargés de travailler sur les sectes ont pratiquement capitulé. Le premier rapporteur lui dit au bout d’un an : « J’abandonne, parce que je ne supporte plus le harcèlement auquel je suis soumis ».

Il a fallu en chercher un autre et c’est pratiquement chaque fois le même scénario.

Les sectes demandent elles-mêmes à être entendues, à être invitées à une audition au Conseil de l’Europe, ce qui n’a pas été accepté.

D.Coin a aussi été victime de harcèlement. Ils lui téléphonent sans arrêt sous des dénominations complètement fausses. Ils ne se présentent pas en tant que membres de la secte, mais en tant que membres d’une association qui défend les « Droits de l’Homme », ceci dans le but de la convaincre de changer sa position.

Elle a figuré sur la liste des suppressifs; en déontologie, des personnes qui représentent un obstacle pour eux et qu’il faut supprimer. Ce qui ne veut pas dire physiquement, mais dont il faut s’en débarrasser d’une manière ou d’une autre. Toutes les manières sont possibles.

D.Coin les gêne parce qu’elle est toujours sur leur chemin quand ils essaient de faire quelque chose au Conseil de l’Europe.

 

 

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