– Europe: lobbies et sectes à Bruxelles -13 Stratégie et groupes de pression

Stratégie et groupes de pression: 2

Lobby et think tank

Bernard Lecherbonnier, auteur de l’ouvrage « Les Lobbies à l’assaut de l’Europe » (Albin Michel, 2007).

Donc on est est arrivé plutôt dans la magouille.

La magouille à l’européenne où chacun essaie de placer ses pions, ses petits copains, à essayer afin de corrompre tel ou tel pour obtenir des résultats d’intérêts pratiques plutôt que des intérêts d’idées.

Alors quelles sont ces idées?

Il y a ceux qui représentent les ONG, qui sont plutôt sympathiques, qui sont plutôt anti-lobbyistes, qui sont financées elles-mêmes par la Commission à hauteur d’un milliard d’euros. Mais il y a aussi tout l’ensemble des lobbies qui représentent les sectes, les religions et qui font eux, savoir leurs opinions.

Un exemple célèbre est celui du fameux paragraphe qui devait être inséré dans le préambule de la nouvelle constitution, à savoir que: « la religion catholique, du moins que les valeurs chrétiennes, devaient être reconnues comme des valeurs européennes ». Il s’agit là d’un travail de lobbying extrêmement profond fait par l’Opus Deiqui a essayé, depuis des années, d’installer cette mesure à l’intérieur de ce préambule de la constitution.

Ce n’est qu’un exemple et ce n’est pas pour essayer d’attaquer spécialement l’Eglise catholique. Mais il est vrai pour toutes les sectes et, en particulier, celles qui ont pignon sur rue: Rue de la Loi, le Haut Lieu de la Commission européenne.

Bernard Lecherbonnier s’est intéressé à ce sujet non seulement au niveau économique, mais aussi au niveau politique. Ce sujet représente quelque chose de beaucoup plus général aujourd’hui. C’est ce qu’il nommerait: « des zones grises », des endroits où il y a ce qui est permis et ce qui ne l’est pas.

Aujourd’hui, on s’aperçoit que dans tous les domaines de la société et là, on touche un problème de civilisation, l’Interdit est permis. Il n’y a plus de ligne jaune entre eux.

En fait, il a y un endroit, par exemple dans l’intérêt financier, où il y a des choses qui sont permises, d’autres pas. Et d’autres choses qui ne sont ni permises, ni interdites, mais tolérées.

B. Lecherbonnier a déjeuné avec un général qui prenait sa retraite et qui lui a dit ceci : « En réalité aujourd’hui, quand je fais le bilan de ma vie, je m’aperçois que je devrais passer 10 fois au tribunal de guerre ».

B. Lecherbonnier lui demande : « Pourquoi? ».

Et le général de répondre : « Parce qu’autre fois, quand j’ai commencé ma carrière, quand on faisait la guerre, c’était beaucoup plus simple parce qu’on savait ce qui était autorisé et ce qui ne l’était pas. Aujourd’hui ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, si on refuse de faire ce qui est interdit et bien, on se fait virer par sa hiérarchie ».

Dans la zone grise, les lois de la guerre n’existent plus, les lois de la finance n’existent plus.

Au niveau du lobbying, c’est pareil. Les influences, et c’est peut-être quelque chose de tout-à-fait normal, sont de défendre ses intérêts. Mais le trafic d’influences est anormal.

Mais entre les deux, où est la limite?

La limite s’appelle le « lobbying ». Aujourd’hui on est dans un marasme total. On a l’impression que l’intérêt général est totalement dévoré, paralysé par les systèmes d’intérêts particuliers qui se manifestent de manière tout-à-fait concrète, à la porte des parlementaires, à la porte de la Commission. Ils sont absolument partout dans la structure de décisions.

Quelle est la géographie actuelle du lobbying?

Sur les 15’000 lobbyistes à Bruxelles, un tiers représente les intérêts industriels, un tiers représente plutôt les politiques, c’est-à-dire les régions, les pays, et le dernier tiers représentent les ONG.

Bernard Lecherbonnier auteur de l’ouvrage: « Les lobbies à l’assaut de l’Europe », pense que le modèle saxon est cohérent et il en fait la preuve chaque jour. Que la preuve en est que même lorsqu’il y a des dérives terribles, ce modèle réussit à retrouver son équilibre en s’appuyant sur ses propres forces, son propre « ADN ».

Dans l’histoire du lobbying européen, l’Europe a pris, comme dans beaucoup d’autres modèles, le modèle anglo-saxon sans en prendre le contrôle, sans en prendre les garanties, sans en prendre les défenses. Et aujourd’hui, on est devant « quelque chose » qui va exploser.

Aujourd’hui, des scandales se multiplient. La Commission se met à condamner des entreprises à des amendes absolument monumentales. Et cela va augmenter de plus en plus.

La Commission Santer a été sanctionnée. Et il est évident pour tout le monde qu’un beau jour, il y aura un « méga-scandale » où l’on sera bien obligé d’intervenir.

Alors pourquoi l’Europe, tout en sachant ce qui ne va pas, n’anticipe pas l’événement, et ça c’est tout-à-fait particulier?!

Quand Bernard Lecherbonnier a écrit cet ouvrage, il y avait, depuis presque un an, une enquête qui avait été faite sur le lobbying et qui devait aboutir logiquement sur une loi de régulation sur le lobbying. Quand Siim Kallas, qui est estonien et qui est directeur de la transparence et des affaires juridiques, est arrivé à la Commission et a dit : « Je vous promets que je ferai le nécessaire lors de ma magistrature », six mois après, il avait changé complètement d’avis et on a aboutit à quelque chose de complètement fou. À savoir que les lobbyistes sont sensés « s’auto-réguler ». Ce qui ne veut strictement rien dire, car normalement, ceux qui ont envie peuvent s’inscrire sur un registre. Personne ne le fait, ou du moins très peu le font.

Et ce qu’il y a d’intéressant dans cette affaire, c’est qu’on s’aperçoit qu’un certains nombre de lobbyistes, essentiellement institutionnels liés aux mouvements alter-mondialistes, vont dire qu’il faut absolument qu’ils disent qui ils sont, pour qui ils travaillent, quels sont les budgets dont ils disposent et quels sont leurs résultats. Mais cela n’a pas été au-delà des 20% des lobbyistes.

Les zones grises sont un endroit où l’on ne sait plus ce qui est permis ou ce qui ne l’est pas. En fait, on s’aperçoit qu’aujourd’hui, dans tous les domaines de la société, on touche un problème de civilisation.

B. Lecherbonnier cite un exemple concret dans le lobbying mais qui est particulièrement parlant.

Lorsque l’Allemagne de l’Est disparaît, il y a, à l’intérieur de cette Allemagne de l’Est, des trésors industriels. Par exemple: les abattoirs.

Or il s’agissait de savoir à qui ces abattoirs pouvaient revenir.

Immédiatement les grands groupes européens se précipitent pour participer à l’appel d’offres. Et les Allemands de l’Ouest, voyant que les Français, les Italiens sont intéressés et sont candidats, comment faire?

Comme le sujet n’est pas bien reluisant, sanguinolent, difficile de faire une campagne de presse ou d’opinion là-dessus!

1er acte: les bouchers de l’Allemagne de l’Ouest se réunissent, et c’est complètement contraire à la loi sur la concurrence.

2ème acte: ces bouchers ne peuvent pas y aller en direct. Ils vont donc proposer à la « Société Protectrice des Animaux allemande » de la financer fortement de façon qu’elle obtienne de la Commission de Bruxelles, une loi dans laquelle il est dit: « que les animaux ne peuvent pas circuler dans un rayon de plus de 600 km ». Comme les animaux ne peuvent pas circuler dans un rayon de plus de 600 km, ils ne peuvent pas venir de France, ni d’Italie. Les abattoirs est-allemands ont été récupérés par les bouchers ouest-allemands.

Il n’y a rien d’illégal, sauf que l’on est dans une manipulation qui n’est pas agréable à entendre et en même temps, montre comment on peut agir sur un processus en utilisant des armes tout-à-fait détournées.

Et c’est permanent.

En réalité, l’influence est probablement quelque chose de tout-à-fait normal pour défendre ses intérêts, mais le trafic d’influences est anormale.

Alors entre les deux, où est la limite?

La limite est ce qu’on appelle le « lobbying ».

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