– Europe: lobbies et sectes à Bruxelles -20 Au coeur du caprice des dieux

Au coeur du caprice des dieux 3

Juin 2009, au lendemain des élections européennes

PREAMBULE-2-A

Quentin Dickinson

Tout ce qui est déplaisant est européen, et tout ce qui est plaisant est présenté comme étant une mesure nationale.

Une 3ème raison sont des élections dont une partie de l’enjeu essentiel n’est pas présent. Quand on vote pour un parlementaire européen, on ne vote pas pour une majorité au Parlement européen, ou pour la formation d’un gouvernement au niveau européen. En Suisse ou en Belgique, quand on vote pour un parlement fédéral, on vote pour une majorité qui va investir le gouvernement. Ici, au gouvernement européen, il n’y a pas de lien direct entre l’élection et la formation d’un gouvernement. Donc il n’y a pas un élément de légitimation, de dramatisation qui est présent. Et cela contribue en partie à l’abstention ou à l’indifférence de beaucoup d’électeurs.

Dans le système européen et particulièrement auprès du Gouvernement, les lobbies, eux, ne se trompent pas sur le pouvoir du Parlement européen. En particulier dans toutes les matières de règlementation de libertés de circulation, pour les protection des données personnelles, pour les normes anti-bruit ou le normes anti-pollution, pour le contrôle d’évaluation des normes des produits chimiques, les lobbies sont systématiquement présents. Contrairement au citoyen qui ne s’intéresse pas directement à ce que fait le Parlement européen. Les lobbies en maîtrisent très bien les raisons techniques. Et lorsque le Parlement fait une législation européenne, il fait ce qu’on appelle: une directive. Par exemple, une directive qui prévoit que: « les émission de particules nocives et de CO2 qui sortent des voiture ne doit pas dépasser un certain seuil. »

Mais ces directives ont la particularité qu’elles ne s’appliquent que dans certains pays.

À partir du moment où elles ont été transposées dans le droit national, le Parlement national n’a plus tellement de marges de manoeuvre qui ont été décidées pour appliquer ces directives. Le citoyen aura l’impression que c’est une loi belge ou une loi française qui définit le niveau maximal des seuils d’émission. Les lobbies savent très bien que les directives sont prises au niveau du Parlement européen ou par le Conseil européen. Et ils ont systématiquement raison.

Lorsque les députés doivent prendre des mesures techniques, les lobbies viennent les voir. Ils sont tout le temps dans les couloirs.

Avec internet, les parlementaires sont bombardés de messages électroniques et au moment ou il y a une décision importante qui doit être prise, ils reçoivent des dizaines de mails et de rappels.

Le système est tellement perfectionné que les lobbies doivent avoir des agents intérieurs, des organisations qui les informent très bien, qui savent exactement ce qui a été voté dans une Commission parlementaire, qui connaissent exactement la nature des discussions qui ont lieu au Comité technique du Conseil. Et ils envoient, pratiquement le jour même, une proposition d’amendement modifiée pour corriger les choses dont ils auraient entendu dire qu’elles auraient été adoptées ou votées en Commission ou dans le Comité Scientifique du Conseil.

Les députés travaillent sous la pression permanente des lobbies et ce, dans tous les domaines.

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