– Europe: lobbies et sectes à Bruxelles -21 Au coeur du caprice des dieux

Au coeur du caprice des dieux 3

Juin 2009, au lendemain des élections européennes

PREAMBULE-2-B

Quentin Dickinson

Tout ce qui est déplaisant est européen, et tout ce qui est plaisant est présenté comme étant une mesure nationale.

A Bruxelles, il y a une grande présence américaine. Les entreprises américaines sont intéressées à connaître les normes techniques européennes.

Par exemple, pour les grandes industries de médicaments. Si le Parlement définit que certaines substances ne vont pas être reconnues sur le marché européen, ou certains types de médicaments ne font pas l’objet d’agréments, il leur faudra passer par un certain type de procédures. C’est un marché très important pour les compagnies américaines du médicaments. Les Américains sont un lobby aussi important que les autres.

Lorsque le Parlement définit aussi, en matière de lutte contre le terrorisme, un certain nombre de mesures qui seront installées dans une banque de données qui rassemble tout ce qui est lié au terrorisme, cela intéresse également la CIA ou les agences de sécurité américaines.

Il y a énormément de domaines où les Américains sont exponentiellement intéressés sur ce qui se décide au Gouvernement européen.

Puisque la Commission organise le Marché Unique et qu’elle définit des normes techniques sur des agrégations ou des produits chimiques, les lobbies industriels ou des lobbies des plus grands secteurs industriels, savent exactement de quoi il est question et les députés sont assaillis.

Un autre type de lobbies, mais celui-là beaucoup moins fréquent en intensité, sont des groupements qui défendent certaines causes, par exemple la résistance iranienne, la cause palestinienne, etc…

Il en est de même dans les matières comme l’exil et l’émigration. L’essentiel des lobbyistes sont des organisations non gouvernementales. Ils matraquent tous les jours et suivent les dossiers de même manière et au même titre que les autres lobbies.

Il y a aussi, surtout lorsqu’il est question de matières éthiques ou religieuses, des groupements qui sont moins fréquents, car il y a moins de compétences techniques dans ce domaine, qui sollicitent les députés quand ces-derniers doivent approuver un programme cadre de recherches. Lorsqu’il est question de recherches sur le vivant, notamment sur le fait de savoir quel type de cellules souches on peut utiliser, un lobby religieux peut se manifester avec une certaine force.

Il arrive parfois que le cadre de la bienséance soit dépassé. Il y a des exemples précis.

Par exemple, lorsqu’il a été question informatique, la Commission pouvait pratiquement identifier la firme, IBM ou Siemens, qui avaient rédigé les amendements. Le parlementaire en question se contentait de déposer, en son nom, ces amendements dont on savait très bien qu’ils avaient été écrits par les professionnels de firmes industrielles. Quant à dire qu’il ait reçu des avantages en direct, personne ne peut l’affirmer.

Le système européen est composé de la Commission qui propose, du Parlement qui amende, du Conseil qui amende et les deux qui décident ensemble. Puis il y a tous ces lobbies qui tournent autour. Ce qui fait qu’un système de langage et de codes se développe. On y parle d’une manière telle qu’il y a des livres publiés et destinés au public pour comprendre la signification des abréviations utilisées couramment.

C’est une sorte de monde européen où les gens intéressés par les décisions à la Commission européenne, développent leur propre culture, leurs propres codes, leurs propres raisons.

Gérard Deprez a été frappé, lors de la campagne électorale, par le fait que les travailleurs, les gens qui travaillent dans les entreprises, dans les usines, les gens du peuple sont complètement largués par ce langage-là.

Personne ne parle aux citoyens. Et si on leur parle, ils ne comprennent tout simplement pas. Parce que le type de langage qui est utilisé, les abréviations qui éraillent les discours, les subtilités les descendent complètement. L’impression est que le peuple s’est retiré du système européen.

Et c’est un élément extrêmement problématique pour l’avenir.

Il faut absolument que les parlementaires européens parviennent à reparler aux gens de l’Europe dans un langage qu’ils comprennent. Qu’ils leur disent pourquoi ils ont pris telle décision. Et qu’ils leur expliquent dans des termes qui leur disent quelque chose.

Gérard Deprez est aussi préoccupé par un autre élément et qui explique ce désintérêt, c’est que nous traversons une période de crise à la fois sur le plan financier et économique. Et les citoyens n’ont pas conscience que l’Europe, dans cette situation assez critique, apporte une valeur ajoutée.

Quand il faut sauver les banques, c’est l’Etat qui y met de l’argent. C’est leur gouvernement national qui sauve les banques.

Quand les entreprises ferment, c’est leur Etat qui s’en occupe et qui négocie les conditions de sortie, etc…

Et l’Europe n’a pas été en état et en cela, Gérard Deprez en veut beaucoup au président de la Commission, car si ce dernier avait voulu, au moment de la crise, expliquer à tous les responsables politiques européens sur ce qu’il fallait faire en commun, G.Deprez pense que cela aurait pu avoir un impact tout-à-fait différent sur l’opinion publique.

Sa conviction profonde est de ne pas élire un timide. Malheureusement, il a l’impression que ce n’est pas dans ce sens-là qu’on va.

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