Europe : lobbies et sectes à Bruxelles – 28 Lobby et sectes au parlement

Lobby et sectes au parlement: 3

Scientologie, la secte démasquée (Belgique / 2009)- 1

Safia Kessas, auteur du documentaire:Scientologie, la secte démasquée (Belgique / 2009).

Safia Kessas est journaliste à la RTBF depuis une dizaine d’années.

Safia Kessas devient journaliste-réalisatrice pour le documentaire: « l’église de scientologie ».

Le documentaire sur la scientologie est un sujet qui s’est imposé dans le cadre de l’émission d’investigations « Pouvoir d’enquête » liée à la justice et aux problèmes judiciaires. Le dernier sujet sur l’église de scientologie en Belgique, datait d’une dizaine d’années. Depuis, il y a eu de nouveaux éléments d’enquête, de nouveaux témoignages et il était nécessaire, à l’approche du procès qui doit se tenir, de refaire un sujet là-dessus.

En effet, la Belgique va être confrontée à une situation inédite et beaucoup de regards internationaux sont braqués sur ce procès.

En 1997, des perquisitions sont menées au sein des bureaux de l’église de scientologie à Bruxelles et vont conduire à des inculpations pour escroquerie et usage de faux. La subtilité est d’amener l’église de la scientologie à être poursuivie comme organisation criminelle et c’est la première fois. Donc cela pourrait impliquer sa dissolution à Bruxelles. Et Bruxelles, c’est l’Europe.

Il y a de très gros enjeux pour l’église de scientologie. Elle a fait des investissements colossaux dans l’immobilier et elle entend développer, à Bruxelles, son nouveau centre européen qui amènerait tous les scientologues.

Les conséquences de ce procès pourraient être sa dissolution pure et simple en Belgique.

Exrait de film

Ron Hubbart est né aux Etats-Unis en 1911. Il prétend être monté à cheval avant de pouvoir marcher, avoir parcouru seul les prairies, avoir su lire et écrire dès l’âge de 3 ans. Ron Hubbart s’invente une vie exceptionnelle. Il est présenté par les scientologues, comme un cerveau bardé de diplômes, notamment en génie civil et en mathématiques.

En fait, il n’a jamais eu aucun de ces titres. Sa liste de ces fanfaronnades est longue. Il va jusqu’à s’inventer un passé de héros de guerre. Hubbart affirme avoir perdu la vue et l’usage de ses jambes, et que c’est la dianétique qui l’a guéri. Pure invention encore. Mais c’est bien le mythe de cet enfant sur-doué, de sur-homme, de génie, que des milliers d’adeptes ont marqué, un jour, leur adhésion à la secte.

Les juges l’ont taxé à maintes reprises de mythomane, de schizophrène ou de paranoïaque.

« C’est un cinglé! Et il y a des cinglés qui ont un charme terriblement dangereux parce que ce sont des pervers très malins. C’est un cinglé, parce que j’ai découvert, dans les pré-seances post-mortem, qu’ils ont découvert une drogue psychiatrique, et que les psy l’ont détesté pour ça pendant toute sa vie. »

Les années 1950 sont une période propice à recevoir tout ce qui est nouveau. On est dans la post-guerre mondiale, le post-atomique. Et un homme comme Ron Hubbart, un« self made man », un romancier qui travaille sur l’imaginaire, a appris à construire une argumentation dite respectable.

Il émet une théorie et il obtient, en face, des gens réceptifs.

Il a dû écrire 9000 pages, ce qui est phénoménal!

Être confronté à Ron Hubbart doit être quelque chose ! Les anciens adeptes le considèrent comme un génie pervers et en avaient peur. C’était un schizophrène qui avait un charisme fou, avec des théories complètement farfelues qui tiennent la route. Lors d’une conférence des années 1950, on peut voir l’assemblée être sous le charme.

Safia Kessas a rencontré certains témoins. Ce sont des gens qui ne sont pas débiles et qui n’ont pas envie qu’on se moque d’eux. Tomber dans cette naïveté un jour ou l’autre, une faille, une faiblesse et on se laisse prendre.

Des gens croient bien qu’il y a des milliers d’années, quelqu’un a pu marcher sur les eaux ! C’est une caricature, mais c’est pour montrer qu’il est facile de jeter la pierre. Et il ne faut pas oublier que la scientologie développe un système très élaboré où l’on se fait progressivement avoir.

Il y a scientologie et église de scientologie.

Il y a l’organisation et la matière en tant que telle.

Safia Kessas a rencontré, dans le cadre du repérage, des scientologues qui ne font plus partie de l’église de scientologie, mais qui continuent à utiliser « le jaugeur de l’humeur de l’âme ». Cet appareil s’appelle un « électromètre » et a été mis au point par Ron Hubbart. Il est constitué de deux manettes et d’une petite aiguille. On vous pose des questions, vous répondez et on peut vous dire si vous êtes sur la bonne voie ou non. Même si cela ne vaut rien, les scientologues continuent à utiliser cet appareil entre eux et s’auditent mutuellement.

Faire partie de l’église de la scientologie, c’est mettre sans cesse la main au porte-feuille.

C’est donc juste par économie que des scientologues s’extraient de l’église.

Il n’y a pas que l’économie. Il y a aussi qu’à partir du moment où on a un discours critique ou anti-scientologie, on devient « suppressif », terme adéquat utilisé par l’église de scientologie. On est mis au ban, on est harcelé. Si on veut retrouver sa liberté de parole et de pensée, mais qu’on a envie de continuer avec la technique, on se met en dehors de l’église de scientologie et on devient des « Free’s honor », un mouvement courant aux USA et en Grande-Bretagne.

Le tournage n’a pas été difficile mais long. C’est trouver un fil conducteur dans 50 ans d’histoire, dans 9000 pages et dans tous les aspects de la société couverts par la scientologie. Puis il y a les témoins. Ils se sont fait suffisamment avoir et leurs témoignages ont été plus difficiles à obtenir.

Puis il reste le refus de l’église de la scientologie de participer à ce documentaire.

Safia Kessas est revenue à la charge un certain nombre de fois mais ils ne voulaient pas communiquer. L’essentiel, pour eux, était de contrôler le message et à partir du moment où ils ne pouvaient pas le faire, ils ne voulaient pas collaborer.

Les membres de l’église sont dans un délire paranoïaque. Ils vous scrutent quand vous entrez, contrôlent si vous n’avez pas de caméras cachées, vous demandent d’enlever votre veste, regardent vos mains et ils essaient de vous convertir. Dès qu’ils se rendent compte qu’ils n’ont pas prise sur vous, il devient très difficile de trouver un terrain d’entente.

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