– histoire de la télévision – 2 – vue d’un programmateur/1

Histoire de la télévision depuis 30 ans, les événements les plus marquants, les personnages , les témoins et le contexte politico-économique.

Le point de vue d’un spécialiste en programmation – 1

Laurent Fonnet, ancien responsable des programmes de TF1, a écrit La programmation d’une chaîne de télévision paru aux éditions Dixit en 2003.

Il vient aussi de publier, toujours aux éditions Dixit: « La programmation de la télévision à l’ère numérique ».

Son livre est la mise en forme de tout ce qui a été compris sur environ 25 ans de télévision, en France notamment. C’est une oeuvre d’imagination, de transcription, d’expériences vécues, un enseignement de plus de 15 ans d’université, un travail de thèse et de doctorat. Il met en forme ce qu’il comprend et ne prétend pas avoir raison. En revanche, il est convaincu de ce qu’il dit.

Spécialiste de la programmation, Laurent Fonnet a commencé, en 1990, en tant que secrétaire général de TF1, puis est devenu programmateur en 1998, alors qu’ils n’étaient qu’environ cinq sur les télévisions en France.

Il y a autant de programmateurs qu’il y a de chaînes de télévision et de stations de radio. Spécialiste de la programmation est un métier qui se développe. Plus il y a de chaînes, plus il y a de jeunes étudiants, dont il en a formé certains.

Dans son livre, Laurent Fonnet déroule des lois, des équations. Mais le public n’obéit pas à des équations.

En revanche, comme dans tous métiers artistiques, on a tendance à penser que l’inspiration, l’imagination et la créativité sont les seules règles, alors que c’est un métier qui repose sur les attentes du public. La programmation doit avant tout de satisfaire les attentes « supposées » du public. « Supposées » parce qu’on est dans un secteur où le marketing est basé sur l’offre et non sur la demande.

L.Fonnet donne un exemple: « Qu’est-ce que vous avez envie de voir ce soir? » Et le téléspectateur de répondre: «J’ai envie de voir tel ou tel programme ». Le programmateur va proposer tout autre chose de façon que, tout en devant, le téléspectateur zappe, tombe dessus et trouve ça formidable.

Le programmateur ne peut faire ce métier qu’en proposant régulièrement des émissions, des programmes, des choses nouvelles que le public ne connaît pas mais montrera qu’il les aime en les regardant.

Quelle part de la télévision modèle les goûts et quelle part le public impose à la télévision?

Le programmateur est quelqu’un qui est dans la situation de la mère à la maison qui doit faire à manger tous les soirs et fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a dans son garde-manger. Il n’y a pas tous les soirs, du caviar, du homard ou des choses délicieuses. Elle essaie, malgré tout, de faire un plat que tout le monde trouve finalement très bon.

Ceci pour expliquer qu’il n’y a pas tous les soirs: un superbe film, une superbe émission de variétés ou un superbe débat. Il faut donc proposer au public ce qui va mieux le distraire.

La multiplication des chaînes, aujourd’hui, permet à certaines d’entre elles d’oser une nouvelle émission, un nouveau film.

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