– histoire de la télévision – 3 – vue d’un programmateur/2

Le point de vue d’un spécialiste en programmation – 2

Laurent Fonnet, ancien responsable des programmes de TF1, a écrit La programmation d’une chaîne de télévision paru aux éditions Dixit en 2003.

Il y a peu, « Energie12 » a osé programmer un film russe fantastique que personne ne connaissait et qui a réunit près d’un million de téléspectateurs. Le programmateur, face à un tel événement, va comprendre que le public n’est pas du tout rebelle à ce genre de film. Les autres chaînes vont alors se mettre à chercher ce type de programmes qui serait disponible auprès des distributeurs et des producteurs.

Ce film a été rediffusé cet été 2010 et a fait 700’000 téléspectateurs.

La programmation évolue tous les matins en fonction des audiences. Le métier de programmateur est de comprendre ce qui va plaire au public. Par conséquent, les télévisions stockent des programmes qu’elles ont achetés, mais qu’elles n’ont pas produits pour telle case, pour tel film ou autre.

On ne peut pas empêcher les professionnels de la télévision d’avoir initié un programme et de se dire: « Tiens, j’aimerais bien faire un programme qui a telle ou telle caractéristique », puis de proposer ou de demander à un producteur de le faire.

Pour Laurent Fonnet, l’expérience a prouvé qu’il faut utiliser l’imagination.

Le public n’est pas par hasard devant la télévision. Il a une certaine sensibilité et se dit « Tiens, j’aimerais bien avoir une télévision qui a telle ou telle caractéristique ».

Il y a donc vraiment deux métiers en télévision.

Il y a ceux qui ont des idées: les auteurs dont la créativité ça ne se décrète pas. On ne peut pas demander à quelqu’un: « Tiens, demain matin, tu es gentil et tu me trouves 3 idées nouvelles », ça ne fonctionne pas. Ce qui fonctionne, c’est quelqu’un qui est formaté pour ça, comme « Guy Lux qui se réveillait chaque matin avec des idées dont un certain nombre étaient mauvaises et quelques unes qui étaient très bonnes ». Il y a ce type d’auteurs en permanence.

Puis ces auteurs vont apporter leurs histoires au producteur, dont le métier est de fabriquer les émissions ou les programmes, et qui va mettre en forme ce que ces auteurs ont envie de raconter dans la forme la plus agréable possible.

Le métier de programmateur n’est pas d’avoir des idées. Son métier est d’être obsédé tous les jours sur ce que les téléspectateurs aimeraient regarder, comment peut-il les aider à se divertir.

Un exemple: Laurent Fonnet a eu la chance d’être directeur de la programmation sur TF1 le jour de « la Coupe du Monde de football en 1998 ». L’équipe de télévision était dans un tel état d’esprit jusqu’à la fin de la demi-finale, qu’ils s’interdisaient de préparer une émission spéciale le dimanche de juillet. Ils étaient dans l’attente et ont modifié toute l’organisation des programmes de la journée. Leur plus belle récompense fut que le lendemain, ils ont su que plus d’un million de personnes ont pris plaisir grâce à eux.

L’obsession du programmateur, c’est le public. Quand le programmateur travaille sur des chaînes comme la TNT, ce qui est le cas de L.Fonnet, il reçoit énormément d’informations tous les matins. Il doit donc essayer d’identifier l’évolution des goûts du public, de comprendre ce qui pourrait lui plaire, ce qu’il a envie de regarder. Il est sans arrêt à se dire :  « Bon, je pense que le samedi il faut un bon divertissement ».

Il est constamment dans le réflexe de l’acquisition et se tourne vers les auteurs, les producteurs, vers tous ces professionnels qui sont capables de lui apporter des programmes. Les auteurs ont une logique différente qui est de se dire « Tiens ! J’ai bien envie de raconter cette histoire », sans se demander si elle pourrait intéresser le public.

Le travail du programmateur est d’essayer de rapprocher les deux pour accompagner cette histoire afin qu’elle rencontre un maximum de gens, sous un maximum de formes.

Le moment horaire est décisif dans le choix du programmateur. Autrement dit, le programmateur vit avec la montre devant lui et la question comment vivent les téléspectateurs.

Une des règles de base de l’ancienne télévision était que le public n’a plus besoin de montre parce qu’à regarder la chaîne, il sait qu’à 16:00: « C’est l’heure de mon feuilleton ».

Le public a des modes de vie très stables. Les enfants rentrent de l’école vers les 16h30, les gens quittent leur métier entre 17h30-18h30 et il y a des impondérables.

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