– histoire de la télévision – 8 – vue d’un historien/4

Point de vue d’un historien – 4


Avec « le jeu de la mort » et avec « le temps de cerveau disponible » de Christophe Nick, François Vallotton les trouve intéressantes car non seulement la télévision doit exercer une fonction critique de la société, mais la télévision doit exercer une fonction critique sur son rôle social dans la société contemporaine. Le documentaire est bien réalisé et présente un pot pourri, une émission assez ahurissante, notamment dans le domaine de la télé-réalité.

Puis il y a ce grand témoin qui est Bernard Stiegler, philosophe qui a du temps, plus de 3 minutes qui est le temps réservé aux intellectuels de service des médias, pour dire des choses intéressantes et stimulantes.

Le deuxième intérêt est que l’émission propose un bon éclairage sur ce passage des années 1980 avec cette transformation d’une télévision de service publique à une télévision qui va être de plus en plus dominée par ses logiques de marketing.

Mais certaines choses, pour l’historien qu’il est, sont un peu plus problématiques.

Cette vision d’une télévision un petit peu caricaturale, qui a une emprise totale sur les téléspectateurs, est une vision qui s’est beaucoup développée dans les analyses critiques des années 1950-1960 et qui sont maintenant assez largement pondérées. Donc la vision de la télévision présentée comme un grand Satan pose un certain nombre de problèmes.

Une autre chose, quand on parle de la télévision, il faut parler des télévisions, surtout quand on parle de la télé-réalité, voir que celle-ci développe des modalités assez différenciées, en fonction des chaînes, des contextes nationaux, ou justement, en fonction des contextes de concurrences.

Le troisième élément est que c’est une émission parfois simplificatrice, notamment en montrant tout le contexte d’émergence de la télé-réalité. On le situe de manière très précise entre 1999-2000 avec l’éclatement de la bulle spéculative et, en montrant que pour certains postes privés, la télé-réalité est une manière de faire remonter l’action. François Vallotton croit que les mécanismes de la télé-réalité sont bien antérieurs. On peut y retrouver les prémices dans d’autres types d’émissions.

La dernière chose, cette émission ne s’interroge pas du tout sur l’impact et sur les modes de réception de ces émissions.

Il faut en prendre compte dans l’analyse. Ne pas oublier que le téléspectateur, quoiqu’on en dise, n’est pas un parfait crétin. C’est quelqu’un qui, d’une part, est capable de changer de chaîne lorsque le programme ne lui plaît pas et qui a une capacité de discernement qui lui permet de faire la distance entre ce qu’il voit et ses manières de réactions.

Comme l’ont montré beaucoup de spécialistes, « le jeu de la mort » était basé sur une démonstration contraire quant avec son voisinage, « l’expérience de Milgram ».

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