– histoire de la télévision – 11 – vente: acte II A

La privatisation de TF1 – acte II-A

Emission de la Cinq

«Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonsoir. Nous sommes très très heureux de vous souhaiter la bienvenue sur la Cinq. Merci d’avoir allumé votre téléviseur, merci d’avoir ouvert votre maison, et nous espérons votre coeur à la Cinq.

– La Cinq c’est un choix supplémentaire, un choix qui existe là, maintenant, depuis quelques secondes.

– Je suis heureux de déclarer officiellement ouvert la Cinq!

– Bonne chance la Cinq!

– La Cinq, ça va être super!

– La Cinq, c’est classieux!»


Ainsi naît la Cinq de Jérôme Seydoux et Silvio Berlusconi. Puis TV6, une chaîne musicale.

Victorieuse aux élections, la droite attribue la Cinq à Robert Hersant, qui fait équipe avec Berlusconi. Cette même droite installe M6 à la place de la chaîne musicale TV6et décide la privatisation de la première chaîne française.

Une formidable bataille commence. Deux groupes sont candidats au rachat de TF1 : une haute autorité chargée de la régulation de l’audio-visuel, et la CNCL(Commission Nationale de la Communication et des Libertés) doit départager ces deux groupes.

Télé-journal

– En ce qui concerne TF1, Marie-Laure, deux repreneurs, Francis Bouygues, qui a déposé son dossier hier, à 20 heures, entouré de tout son état major et Hachette un peu plus tard.

– Hachette un peu plus tard qui a fait durer le suspense, si j’ose dire, jusqu’à la dernière minute, d’au moins jusqu’au dernier quart d’heure, puisque c’est un quart d’heure avant la fin du délai un peu avant minuit, qu’Hachette a déposé son dossier à la CNCL.

Les raisons de ce retard sont secrètes. Il faut reprendre le texte de ce «Dieu et la mort» deux semaines avant, début janvier 1987. Depuis l’annonce de la privatisation, le groupe Hachette part favori. Il a l’aura d’une tradition culturelle, édition oblige.


Jean-Luc Lagardère, PDG d’Hachette: «Hachette a été créé en 1928, par Monsieur Louis Hachette. On a un grand héritage, peut-être qu’on se donne l’impression de détenir, à la fois une légitimité et liée à cette légitimité, une responsabilité.»

Yves Sabouret, vise président de la chaîne: «Et puis en face, il y avait un autre candidat, un autre groupe candidat, qui lui, avait une formidable expérience des compétitions et des adjudications, et qui avait pris un tout autre parti. Et le problème pour lui, c’était de gagner.»

Patrick Le Lay, du groupe Bouygues: «On a pas l’ombre d’un doute métaphysique, on va gagner parce que on s’est mis dans le mental de gagner. Parce que si on ne gagne pas à la sortie, on aura eu le choc pour le jour où. Mais entre-temps, il ne faut surtout pas se laisser aller à cette idée qu’on est pas le favori alors.»

Pour constituer leur dossier, les deux candidats ont pris contact avec le PDG en poste à TF1, Hervé Bourges«J’ai joué le jeu, J’étais un chef d’entreprise. L’Etat, mon actionnaire, décide que TF1 est privatisée, soit! Je dois dire que Bouygues a tout de suite réagi et que pratiquement, il ne s’est pas passé deux jour sans que Patrick Lelay, qui avait été désigné par Bouygues, pour suivre cette affaire, ne me téléphone. Il ne s’est pas passé de semaine sans que je n’ait eu un téléphone de Bouygues. J’ai déjeuné avec Jean-Luc Lagardère avec lequel j’ai toujours eu très bon rapports, mais il m’a dit qu’il avait ses propres informateurs, je crois qu’à l’époque, c’était Etienne Mougeotte. »

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