– histoire de la télévision – 12 – vente: acte II B

 

 

La privatisation de TF1 – acte II B

Début 1987, on ignore encore à quel prix, l’Etat compte vendre TF1. Chacun des candidats sait qu’il devra trouver des partenaires. Bouygues reste discret sur ses démarches. Hachette crée la surprise en s’associant avec HAVAS. Encouragés par le Gouvernement Chirac, ce mariage avec un groupe déjà présent dans la publicité, le tourisme, la radio et déjà dans la télévision avec Canal+ fait l’effet d’une bombe.

Yves Sabouret : «Si HAVAS et Hachette sont ensemble ça verrouille entre guillemets le dossier. Il s’agira d’une candidature tellement forte qu’elle assure pratiquement le succès.»

Cette alliance, cette concentration de forces, déclenche de violentes réactions dans le monde publicitaire. HAVAS est pris dans la tourmente. Le mariage est peut-être menacé. Fin janvier, le Gouvernement annonce le prix pour TF1, le choc est rude:

«Nous avons décidé de fixer le prix de sessions des 50% réservés aux investisseurs, à 3 milliards de francs.»


Jean-Luc Lagardère: «Bien sûr, je m’attendais peut-être à un prix un peu plus bas, mais je n’ai pas le sentiment que ceci constitue un handicap lourd pas plus pour HAVAS que pour nous.»

Ce n’est pas ce que le groupe HAVAS, qui trouve l’addition quelque peu salée. En face, chez Bouygues, le prix de la Une est également jugé très lourd.

Patrick Le Lay: «Sur le jour j’apprends le prix, d’abord tous les actionnaires banquiers qui étaient venus, sont tous partis!

Ils ont dit «Ouhlala, c’est beaucoup trop cher!»

Nous, le groupe Bouygues, ont était prêt a mettre le 25%, cela veut 1 milliard et demi, à l’époque, c’est toujours beaucoup d’argent, mais à l’époque, c’était très cher. Et alors le lendemain matin, je raconte cette anecdote, parce que je vais voir Francis Bouygues à 8h30 comme d’habitude, à son bureau, et je lui dis «Vous avez vu le prix?»

Il me dit «Oui, c’est très très cher! Mais vous vous basez sur quoi pour dire que c’est cher?»

«Ben je me base sur un certain nombre d’analyses et d’études que nous avons faites. Quand même, rentabiliser un investissement de cette nature, ça va être quand même très dur!»

Et il me dit «Moui, parce que vous, vous y croyez en calculs? Vous avez déjà vu un plan financier qui est vrai et qui est juste?»

Et je lui dis «En fait,non!»

Et il me dit «Vous voyez, je vous reconnais bien là avec votre stratégie de mercière de banlieue! Vous allez retenir une chose: un pays qui privatise sa première chaîne de télévision, c’est unique au monde! Et dans vie, l’argent ne compte pas, parce qu’on trouve toujours l’argent!»

Dans les jours qui suivent, à la recherche d’associés, Patrick Le Lay prend contact avec le patron de presse britannique, Robert Maxwell.

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