– histoire de la télévision – 13 – vente: acte II C

La privatisation de TF1 – acte II C

Patrick Le Lay: «Et là, il m’a fait la totale, comme il faisait! C’est-à-dire, c’était un jour magnifique, ensoleillé, ils atterrissent sur un petit aéroport militaire désaffecté, il y avait l’ hélicoptère de Maxwell qui m’attendait, il m’a fait survoler la Tamise, il m’a fait son grand cinéma avant d’atterrir sur le haut de l’immeuble de l’époque du «Daily Mirror». Alors bon! J’ai fait mon petit exposé pendant un quart d’heure une demie-heure et après une demie-heure de réflexion, il me dit: «Bon! On a aller déjeuner et on va reparler de tout ça!». Et alors, à la fin du repas, il me dit «Alors, c’est d’accord, mais je prends 15%. Il faut que je voie Francis Bouygues. D’autant qu’il a une fille très jolie et que je voudrais voir!» Et je lui ai dit, «Vous verrez c’est très joli!»

Et alors, le lendemain, il est arrivé au siège de Bouygues.

La rencontre entre Francis Bouygues et Robert Maxwell ne s’est pas formidablement bien passé. C’était quand même deux monstres sacrés tous les deux et je pressentais qu’il y aurait des choses dans le futur. Mais, on fait conclut. Et là, je finis le tour de table. Et je sais que j’ai une très grande longueur d’avance sur Hachette, parce que Hachette n’a pas de tour de table.»

HAVAS a décidé de se retirer du mariage, pour Hachette, la situation est dramatique. On est à quelques jours de la remise des dossiers à la Haute Autorité, la CNCL, Jean-Luc Lagardère se sent trahi par le PDG d’HAVAS, Pierre Dauzier.

Jean-Luc Lagardère: «Ce qui est important c’est qu’en effet, je suis dans l’embarras, à ce moment-là, et donc la volonté qu’il avait de me mettre dans l’embarras a bien fonctionné.»

Au soir du 23 février 1987, les groupes Hachette et Bouygues doivent déposer leurs dossiers.

«Les deux candidats pressentis sont donc venus présenter, hier soir, leurs dossiers sur leur plan fiancier. Car ce sera la première étape de l’examen par la CNCL. 1er arrivé, le groupe Bouygues et ses partenaires.»


Patrick Lelay: «On arrive pour venir à l’entretien. Les actionnaires déposent nos dossiers reliés, nos boîtes, nos brochures, tout est à point pour les primaires. Et on attend le dossier d’Hachette. Le dossier d’Hachette n’arrive pas!»

Yves Sabouret, vice-président d’Hachette: «Là je crois qu’il ne faut pas y attacher plus d’importance que ça n’en avait. Je crois qu’on avait des petits problèmes matériels parce qu’on n’était pas tellement rôdés à cet énorme travail de préparation de dossier, et je ne sais plus si il en fallait 20-30 ou 40, enfin c’était considérable!»

Patrick Lelay: «Il n’arrive pas, pourquoi, parce qu’Hachette n’arrivait pas à boucler son tour de table. Et dans la soirée, le Gouvernement aide Hachette à boucler son tour de table. Il demande à des banques, «Tenez-vous!» Nous quand on voit arriver le tour de table d’Hachette, il le dépose à minuit moins dix et qu’on a le tour de table, et dans un tour de table, il y a une banque qui n’a pas le droit d’y être. C’est la BNP. Parce que la BNP est la banque qui a fait la procédure d’évaluation de la société. Donc, on est dans le délit d’initiés. Donc là, il y a une faille juridique gigantesque dans laquelle on s’y engouffre avec délice.»

Désormais, jour après jour, assisté d’une équipe d’avocats, Francis Bouygues harcèle la Haute Autorité, la CNCL, Commission Nationale de la Communication et des Libertés, et son président, Gabriel de Broglie. Objectif: «La disqualification du dossier Hachette».

Catherine Tascamembre de la CNCL, ancienne ministre de la Communication: «Bouygues avait d’ores et déjà, parce qu’après ça deviendra coutumier, laissé entendre que sur le plan juridique, il pouvait contester tel ou tel aspect de la procédure. Ce qui tétanisait les plus éminents magistrats de la CNCL!»

Télé-journal

«Dès ce matin, l’actualité de l’audio-visuel à la Haute Autorité, ce fut la 3ème lettre de Francis Bouygues à la CNCL. Il y affirmait que ce n’était pas une simple protestation, mais un recours lourd de conséquences. Il demandait à nouveau que la Commission statue et disqualifie Hachette. Une exigence que Gabriel de Brogliene semblait pas apprécier.»

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