– histoire de la TV – 20 – concurrence C

La valse de la concurrence: acte III

émission

«Bonsoir, Bienvenue cette semaine à notre excellente équipe: «Qui veut gagner des millions!»

interview

Pascal Josèphe: «On a tenu une réunion dans l’immense salon, salle-à-manger du bateau et là, Robert Maxwell dit «Vous êtes comptable de nos profits. Il est hors de question de surenchérir! Donc débrouillez-vous!».

Patrick Le Lay: «Alors Maxwell, il n’était pas content parce que Maxwell dit: «On a déjà mis beaucoup d’argent!». Bon! C’était pas le sien, mais celui du Crédit Lyonnais à l’époque. J’ai vu beaucoup d’argent et j’ai été trompé sur la marchandise.»

De cette époque, date la dérégulation du système par l’afflux d’argent. Qu’il s’agisse de stars, de films ou de manifestations sportives, la surenchère est permanente.

Pascal Josèphe: «L’autre problème qui a coûté très cher à TF1, et qui est d’ailleurs aujourd’hui encore très cher, c’est le football. On a découvert effectivement, que tout flambait!»

Patrick Le Lay: «Alors là, il se passe un événement qui déclenche la guerre! Parce qu’il y a tout de même un moment où on se dit: «Là, c’est de la folie!». Donc, on va voir, Francis Bouygues et moi, on va voir ensemble Berlusconi et on leur dit «Ecoutez, on a un contrat football. Il y a un match. C’est Bordeaux contre Leipzig.!» Je m’en souviens toujours parce que c’est la Coupe d’Europe: «Il est dans notre contrat. Il est de 300’000 francs, vous êtes en train de faire une offre gigantesque, vous allez tout casser!» Et ils nous disent «Bon! Ben vous avez raison!» Et le temps qu’on sorte, alors que nous avons calmé, que nous avons confirmé notre offre à 300’000, eux ils font une offre: 3 ou 4 millions. C’est l’explosion du football! Là je m’en souviens très bien, j’ai appelé Robert Hersant et je lui dis «Vous savez, ce que vous faites, ce n’est pas bien! Ça se fait qu’une fois dans la vie. En effet, là on a plus confiance donc maintenant c’est la guerre! C’est la guerre parce qu’on ne peut pas vivre à deux. Il va bien falloir qu’il y en ait un qui s’en sorte!» Alors on verra, le plus fort est sorti.»

C’est la guerre et à l’été 1987, Francis Bouygues ne paraît pas avoir l’avantage. A grand renfort de campagnes publicitaires, la Cinq annonce une rentrée en s’appuyant sur les stars. Mais la Cinq a vu trop grand. Le nombre de ses émetteurs dont elle dispose est bien trop réduit. La Cinq est reçue dans trop peu de foyers. Quant aux stars, le public ne les suit pas de TF1 vers la Cinq. Les nouvelles émissions sont des flops hors de prix, Robert Hersant est consterné.

Philippe Romond, directeur général de la Cinq: «C’est un échec, il faut le dire. Un échec total, violent, dont nous avons pris conscience très rapidement et dont Robert Hersant a pris conscience très rapidement.»

Carlo Freccero: «Et ça, je trouve Hersant formidable. Il appelle boulevard Perrer. On appelle Sebastien, le premier, il le regarde dans les yeux et il est craint. Il est vexé. Hersant avait des yeux rouges. Il avait toujours son regard toujours très intense, toujours très autoritaire, il regarde «Vous comprenez, c’est de la merde votre émission! C’est nul! On ne peut pas continuer comme ça!» Sebastien, le pauvre, il n’est pas capable de dire un mot: «C’est vrai, excusez-moi, mais nous on cherche la moindre réponse.» Hersant: «C’est fini! C’est fini!»

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