histoire de la télévision – 20 – la concurrence 3

Concurrence: acte III

Les grands changements


 

En août 1989, à quelques jours de l’élection du président commun, des candidats vont être auditionnés par le CSA. Encouragé par l’Elysée, mais aussi par Jacques Lang et par le président du CSA, l’avocat de renom Georges Kiejman est donné favori. Mais Catherine Tasca aimerait voir un professionnel à la tête d’Antenne2-FR3. Elle encourage l’ancien PDG de TF1, Hervé Bourges.

Hervé Bourges: «J’avais bien envie de revenir à la télévision. Je n’avais pas envie d’être candidat. Pour une raison très simple, c’est que directeur-général de Radio Monte-Carlo depuis fin 1988, je n’avais pas envie d’échouer dans cette candidature. Et je me demandais ce que Georges Kiejman venait faire là!»

Georges Kiejman: «Dans un premier temps. on me laisse croire qu’Hervé Bourges ne sera pas candidat. Alors, je ne conteste pas à l’époque les compétences d’Hervé Bourges. Donc si j’avais pu penser qu’il le serait, cela aurait été un élément de réflexion négatif pour moi.»

Le CSA se retrouve donc avec deux favoris. Ceci place l’instance de régulation dont six membres ont été choisis par le Gouvernement et trois par l’opposition, devant un dilemme. Paraitre donner satisfaction au Pouvoir ou bien alors se défausser.

Catherine Tasca: «Une partie des membres de la CSA, ne souhaitant voir arriver aucun de ces deux candidats, ont réellement organisé l’arrivée d’un outsider.»

Roland Fauremembre du CSA: «C’est à ce moment-là que Philippe Guilhaume nous a fait savoir qu’il pourrait être candidat, ne serait-ce que pour apporter une diversification dans les candidatures. Et que c’est vrai que nous étions au moins trois à penser que ce serait souhaitable, même si il avait très peu de chances.»

Philippe Guilhaume, président depuis deux ans de la société française de la production: la SFP qui bat sérieusement de l’aile, va jouer à fond la carte du «Sauveur» qui se veut apolitique.

Le 9 et 10 août, le CSA auditionne les candidats. Jusqu’au dernier moment, chacun pense que le titre se jouera entre les deux favoris.

Verdict à 18h30.

Contre toute attente, Philippe Guilhaume l’emporte! Considéré par le Gouvernement comme une bourde du CSA, cette nomination provoque immédiatement des réactions hostiles.

Jacques Lang: «Je le dis très franchement, j’ai été attristé. Attristé. Et comment peut-on en arriver là?!»

Catherine Tasca: «La présidence commune, c’était pour moi, d’une certaine manière la plus importante parce que c’était l’idée qu’avec quelques autres, on s’était faite de l’avenir d’un service publique fort face à la concurrence du privé. Donc le premier personnage qui allait donner corps à ça, c’était, à mes yeux, tout-à-fait décisif. Et c’est vrai, même si ça put être ressenti comme injuste, que d’emblée, je n’ai pas cru que Philippe Guillaume pouvait l’incarner.»

La présidence commune est mal partie. Les relations entre Philippe Guilhaume et le Gouvernement tournent aux conflits à répétition.

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