– Histoire de la TV – 25 – Vouillamoz3

Raymond Vouillamoz: partie 3

Point de vue d’un Suisse sur la concurrence française.


Jacques Mouriquand: «Le défi pour vous: d’être là!»

Raymond Vouillamoz: «C’était un défi personnel. C’est vrai que j’ai été flatté quand, dimanche soir, j’ai reçu un téléphone d’une personnalité française qui me disait «Dis donc, tu veux venir, dans un mois, diriger la fiction d’une chaîne de télévision qu’on est en train de remettre sur pied?» ça m’a…»

Jacques Mouriquand: «Vous dites «Oui» tout-de-suite, dans votre tête avant de dire: «Oui» au téléphone?»

Raymond Vouillamoz: «Non, j’ai beaucoup réfléchi parce que, d’une part, j’étais très très bien à la TSR. J’y avais beaucoup de projets! D’autre part, j’avais des enfants en bas âge, qui n’ont pas du tout apprécié, ni le départ à Paris, ni le retour en Suisse.

Mais je devais donner une réponse très rapide, dans la semaine. J’ai longuement discuté le lendemain avec Guillaume Chenevière. Et puis finalement je me suis dis: «Après tout, il n’y a pas des occasions comme ça tous les jours, il faut t’y lancer!» Et après, ce qui a été extraordinaire, c’était comment j’ai été engagé par Hervé Bourges, qui était le grand patron du service publique français France2-France3 et que je ne connaissais pas.

Dans l’automne, dans mes productions pour la Cinq, j’avais réussi à faire la première co-production entre le service publique et la Cinq qui était un «Maigret». Comme je co-produisais déjà des «Maigret» quand j’étais en Suisse, j’avais repris «Maigret» en France pour une co-production et j’avais réussi à faire en sorte que France2 soit d’accord de nous céder la 2ème diffusion de «Maigret».

Le premier «Maigret» fait sous cette nouvelle configuration, avait été réalisé par Claude Goretta, grand cinéaste suisse qui a été mon maître de stage. Et comme c’était la première co-production officielle de la Cinq, et qu’on voulait un peu se revaloriser face au service publique. On voulait montrer qu’elle était proche du service publique.

On fait une grande réception et à ce moment-là, on me présente Hervé Bourges. Et à la sortie du film, il me dit: «Ah, mais ce qu’on s’ennuie dans ce film! Halala!»»

Jacques Mouriquand: «Il mâchait rarement ses mots, en effet!»

Raymond Vouillamoz: ««Et ça va être un bide terrible!» Et je lui dis: «Ça va être un très grand succès! Parce que, excusez-moi Monsieur Bourges, mais vous confondez la vitesse et le fait que la télévision, c’est un dialogue entre le téléspectateur et l’oeuvre. Et qu’elle n’a pas besoin d’être toujours très rapide pour intéresser.» Il me regarde comme ça! Il tourne les talons.

Quinze jour après, le film passe sur France2: meilleure audience des «Maigret» jamais réalisée! Le lendemain, il me téléphone et il me dit: «Eh, dis donc! Vous pourriez passer à mon bureau?!» J’y vais et il me dit: «Oui, il y a des petits problèmes à la Cinq. Ça ne va pas très bien. Si jamais il y a de gros problèmes, venez me voir! J’ai peut-être quelque-chose pour vous!»

Et quand la Cinq a fait faillite, il est venu me rappeler et j’y suis allé. Mais c’était grâce au film de Claude Goretta qui avait attiré son attention sur le fait qu’on pouvait regarder la télévision d’une autre manière. Qu’à l’époque, comme aujourd’hui toujours, on croit que plus c’est rapide, plus c’est intéressant, etc…»

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