– Histoire de la TV – 27 – Vouillamoz5

Raymond Vouillamoz: partie 5

Point de vue d’un Suisse sur la concurrence française.


Jacques Mouriquand: «Mais la position hiérarchique pouvait permettre, le cas échéant, peut-être de faire bouger les lignes, quelque-chose que vous avez…»

Raymond Vouillamoz: «Mais on les a beaucoup bougé à France3! Là, je vous ai raconté le côté un peu sombre qui choquait l’observateur suisse. Mais le côté lumière était qu’il y avait, autour d’Hervé Bourges, une équipe extraordinaire de professionnels et qu’on a essayé énormément de faire avancer les choses, notamment dans la complémentarité entre France3 et France2. Mais c’était très très compliqué! Parce que France3 est une sorte d’usine à gaz avec des studios dans toutes les grandes villes.»

Jacques Mouriquand: «L’éclatement régional.»

Raymond Vouillamoz: «Eclatement régional mais avec très peu de libertés dans les régions. Et comme j’étais directeur des programmes à la fois nationaux et régionaux, si j’étais resté, mon but aurait été de donner peu à peu l’antenne aux régions.

Je leur expliquait qu’à Genève, qui est une grande ville, mais plus petite que Marseille, Lille ou Lyon, on faisait des programmes autonomes et qu’il n’y avait aucune raison qu’eux ne fassent que l’information régionale. Et qu’ils devaient valoriser leur terroir! Au moins, je disais en haut: «Commençons une fois par mois une soirée éclatée, où Marseille fait une émission pour Marseille, Lyon pour Lyon, etc...»»

Jacques Mouriquand: «Car, la production hors info, ils l’avaient déjà, quand même!»

Raymond Vouillamoz: «Non! Ils avaient une production!»

Jacques Mouriquand: «Strictement sur l’information?»

Raymond Vouillamoz: «Non! Ils avaient une production. Ils avaient des moyens de production énormes, mais qui étaient dirigés de Paris! C’est-à-dire que Marseille faisait des fictions, mais ces fictions étaient décidées à Paris!

Les techniciens étaient régionaux, il y avait quelque comédiens régionaux, mais la décision ne venait jamais des régions. Elles étaient, encore aujourd’hui un peu la même chose, c’est très… C’est ça le service du pouvoir aussi! C’est-à-dire que tout est centralisé à Paris. Un peu comme tous les trains qui arrivent à Paris!

Et c’était difficile. Mais après ça me plaisait beaucoup d’aller en province parce que je sentais que peu-à-peu, je libérais ces forces. Puis j’étais accompagné et approuvé par Hervé Bourges et Pascal Josèphe, qui était le directeur des antennes.

Mais quand je suis parti, il y a eu d’autres forces politiques qui sont entrées en jeu et cette expérience-là s’est arrêtée- Elle est repartie depuis quelques années, avec la globalisation de toutes les chaînes françaises de service publique dans une seule société. Mais avec d’autres points de vue que ceux que nous avions.»

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