– histoire de la TV – fin – C.Nick 4

Christophe Nick et son documentaire 4:

«Le temps de cerveau disponible»


 

Bernard Stiegler a aussi été le patron de l’IRCAM et il a fondé une association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit: «Ars Industrialis».

On peut y trouver un certain nombre de conférences, dont une portait sur: «Socrate et les Hackers». Et «Ars Industrialis» est un endroit où on pense machine, à son utilisation, au rapport du temps qu’elle suppose ou qu’elle déduit pour l’humain.

Pour B.Stiegler, il n’y a pas du tout de doute. Il y a un phénomène d’effondrement non pas de la sensiblerie, mais de sensibilité humaine. Et pour B.Stiegler, cela ne touche pas seulement le phénomène télé, cela porte sur un processus plus général laissé justement pour penser, pour réfléchir à l’instrumentalisation, à la «technologisation» de notre environnement. L’humain, au fond, se vide de sa substance.

La rencontre entre B.Stiegler et C.Nick s’est faite lors d’un thème qui leur était cher. C.Nick ne savait pas que B.Stiegler travaillait sur le même sujet.

Mais c’est au cours des mécanismes de la pulsion, C.Nick avait été frappé, quand il écrivait livre sur TF1, par une phrase hallucinante d’Etienne Mougeotte qui venait de lancer sur ce qu’on appelait des reality-shows.

En 1991, lors des émissions: «Temoin n°1», «Perdus de vue» etc.., E.Mougeotte a été interviewé à Cannes et quand on lui demande pourquoi il fait ça sur TF1, il répond: «Il faut satisfaire les pulsions sécuritaires des Français!» Cette phrase était politiquement énorme, parce qu’elle ressemble beaucoup au président actuel français, mais surtout pour l’idée que des professionnels des médias se mettent à jouer avec les pulsions.

On est plus dans l’ordre de l’émotion ni de la raison, on est dans celui de la pulsion. Et la pulsion est quelque chose, lorsqu’on la met en scène, à la provoquer, à la stimuler, qui devient incroyablement dangereuse.

B.Stiegler, lui, développait depuis plusieurs années une analyse beaucoup plus vaste que cette simple réflexion.

Ils se sont rencontrés lors du précédent travail pour la mise en scène de «La mort du travail». Stiegler réfléchit à l’évolution du capitalisme et a une vision assez claire et frappante qui est: «Il y a eu l’époque du capitalisme industriel. On sort de celle du capitalisme financier triomphant pour entrer dans celui du capitalisme pulsionnel.» Et il explique que l’ensemble de la machine, dirigée par les hommes du marketing, cherche à atteindre nos désirs et à les exploiter pour vendre. C’est complètement pulsionnel et on rencontre ceci à tous les étages de la machine; que ce soit le comportement des traders en bourse qui est au millième de seconde, que ce soit dans la pub, dans la communication, dans tout.

Au coeur de ça, c’est la télé! La télé qui nous façonne et qui nous apprend à consommer. Tous ces programmes sont en fait des niches à publicités, des écrins pour que, sans qu’on s’en rende compte, on se mette à consommer telle ou telle chose.

C’est une vision très noire, mais c’est un mécanisme profond de notre société contemporaine. Cela permet de décrypter beaucoup de choses.

 

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